Athénaïs Saperlipopette Magazine 1

Athénaïs, Little Miss X

C’est dans sa petite chambre de bonne, à Londres, où elle travaillait comme jeune fille au pair, qu’Athénaïs a commencé à composer ses premières chansons. Inspirée par Fiona Apple, PJ Harvey, Cat Power et Feist, cette chanteuse-auteure-compositrice à la voix veloutée, nous transporte dans un univers saupoudré de pop, de folk et d’un soupçon de rock. De retour sur la scène montpelliéraine depuis deux ans, Athénaïs, arpente avec sincérité les sentiers du quotidien et des aléas de la vie à travers ses mélodies aigre-douces et ses textes enivrants.

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Athénaïs, tu es chanteuse-auteure-compositrice Pourrais-tu nous dire de quelle manière tu as commencé à t’impliquer dans l’univers de la musique ?

Ça s’est passé en plusieurs étapes. D’abord, j’ai commencé à prendre des cours de piano quand j’avais 11 ans, mais je n’étais pas très assidue et j’ai très vite abandonné. Mais quelques années plus tard je me suis retrouvée dans un lycée un peu baba cool, où le prof de musique organisait des soirées-concerts, et là j’ai vu des jeunes comme moi, qui chantaient en s’accompagnant. Certains écrivaient même leurs chansons et c’est à ce moment que je me suis dit : « moi aussi je veux faire ça ! » J’ai repris les cours de piano et ai rejoint la classe musique l’année suivante… 

Mais je dirais que l’étape la plus importante de mon implication dans la musique, a été les quelques années que j’ai passées en Angleterre. Après mon bac, je voulais apprendre l’anglais donc j’ai fait mes valises et je me suis installée à Londres. J’y ai découvert les « open-mics » – des scènes ouvertes – dans les pubs où des musiciens, souvent des chanteurs-guitaristes défilent un par un et jouent deux ou trois morceaux chacun. Au début je chantais a cappella mais un jour j’ai décidé de me lancer et d’apprendre à jouer moi-même. J’ai acheté une guitare pas chère à Denmark Street et quelques mois après, j’écrivais mes propres chansons…

Ta musique s’étend de la pop à la folk mais tu empruntes également des sonorités au monde du rock. Quelles sont tes influences musicales ?

Ado, j’ai découvert Fiona Apple, une chanteuse américaine de pop-rock qui s’accompagne au piano. C’est un peu grâce à elle que j’ai recommencé à en jouer, d’ailleurs. Je connaissais toutes ses chansons par cœur et la première fois qu’on m’a complimentée sur ma voix, c’était après avoir chanté « Shadowboxer » devant toute ma classe. Je pense que c’est grâce à Fiona que je chante aujourd’hui.

Puis il y a eu les chanteuses-guitaristes… PJ Harvey, Cat Power et Feist. Je les ai aussi découvertes à l’adolescence et je les ai toutes vues en concert assez tôt. Je me souviens que j’étais souvent la plus jeune dans la fosse. Pour moi c’était des déesses sur scène. Je restais limite bouche bée tout le long du concert accrochée à la barrière ! Et c’est pareil, sans elles, on ne me verrait pas sur scène aujourd’hui. C’est en apprenant toutes les chansons à 4 accords de Cat Power que j’ai commencé la guitare…

Et puis le coté folk, disons qu’il est venu à Londres, à force de voir et entendre tous ces auteurs-compositeurs qui jouaient souvent en finger-picking ou avec un harmonica que je me suis intéressée à cette musique dont ils parlaient tous. Mon folkeux/rockeur préféré c’est Neil Young. Mais je ne suis pas une vraie adepte de la folk pure et dure… J’ai encore beaucoup à découvrir.

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 Tes textes s’inspirent de ton quotidien. En quoi est-ce important pour toi de décrire ces instants de la vie ?

Écrire sur mon quotidien, sur les aléas de ma vie, mes chagrins, mes coups de colère, c’est ce qui me vient naturellement. C’est comme une thérapie : quand je vais mal, j’écris et quand j’ai fini, ça va mieux. D’ailleurs comme Lord Byron disait: « If I don’t write to empty my mind, I go mad », – Si je n’écris pas pour vider mon esprit, je deviens fou ! –

Tu as réalisé ton premier EP – qui sort en avril – et tu es en train de préparer ton premier album – dont la sortie est prévue début 2017- . Pourrais-tu nous parler de ces deux projets ?

À mon retour en France, il y a deux ans, j’avais quelques chansons dans mes valises que je voulais enregistrer proprement. Pour moi, les guitares-voix que j’avais écrites avaient toujours été des brouillons. Je voulais quelque chose de plus produit mais je ne savais ni comment faire ni par où commencer… J’avais besoin de trouver quelqu’un avec qui collaborer. Après quelques essais qui ont échoués mais qui m’ont tout de même permis d’avancer, j’ai rencontré mon arrangeur, Sylvain Briat. Il a écouté toutes mes chansons, on a sélectionné les douze meilleures et on a commencé à bosser dans son home-studio.

L’EP contiendra 4 morceaux qui datent pratiquement tous de ma vie à Londres. Il s’appelle « Ciao Ciao », comme la chanson éponyme que j’ai écrite en quittant cette ville. Avec Sylvain on a essayé de créer une ambiance qui me ressemble, à base de guitare folk et d’instruments plutôt doux. On a utilisé une basse violon, comme celle des Beatles – autre influence tellement énorme que j’ai oublié de la mentionner plus haut -, une batterie avec un son vintage, des claviers – wurlizer et hammond – et un glockenpiel. On est tous les deux très fiers du résultat.

L’album lui s’appellera « Artichoke Heart », il sera dans la continuité de l’EP mais je n’en dis pas plus pour l’instant !

 De quoi s’inspire ton premier single Little Miss X ?

« Little Miss X » est inspirée de la vie d’une famille d’aristocrates anglais chez qui j’ai vécu quand j’étais fille au pair. La petite fille que je gardais allait à l’école où Prince Charles est allé ! Ça a été une très mauvaise expérience pour moi. J’avais l’impression d’être une servante qui devait répondre à tous les désirs des enfants. Little Miss X m’a dit un jour : « je sais que ma maman te donne des sous pour jouer avec moi, alors t’es obligée de faire ce que je veux ! »… Il y a un peu de colère dans cette chanson, mais aussi beaucoup d’humour.

Clip Little Miss X

 

Pourquoi avoir fait le choix d’écrire tes textes en anglais ?

J’écris en anglais pour plusieurs raisons. D’une, toutes mes influences sont anglo-saxonnes et j’ai quasiment toujours chanté en anglais. De deux, c’est à Londres que j’ai commencé à écrire mes propres textes. À l’époque c’était plus logique d’écrire en anglais, tout le monde comprenait ! Et puis, je suis tout simplement une amoureuse de la langue anglaise et de tout ce qui est anglais ! Haha.

Tu as vécu plusieurs années à Londres. Cette ville, t’a t-elle d’une certaine manière aidée à façonner ton style musical ?

Oui bien sûr. C’est à force de voir des chanteurs-guitaristes londoniens jouer leur propres chansons aux open-mics que j’ai osé me lancer et que j’ai appris à jouer. Dans ces soirées, il y a souvent des musiciens extraordinaires. C’est comme un grand club, où on se retrouve toutes les semaines. On partage nos nouvelles chansons, on se commente mutuellement. C’est toujours intéressant d’avoir l’avis d’autres compositeurs, ça fait progresser. J’ai jamais pris de cours de guitare avant de venir à Montpellier. C’était mes amis guitaristes qui me donnaient un conseil sur mon jeu de temps en temps et qui me faisaient progresser. Et puis aux open-mics, il y a aussi des musiciens moins bons, qui chantent faux ou qui débutent à la guitare, et quand tu les vois, tu te dis : « Bah si lui le fait, pourquoi pas moi ?! » Je pense que sans mon expérience à Londres, je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui musicalement.

À quelles activités consacres-tu ton temps libre ?

Tout mon temps libre je le passe à faire de la musique..! Que ce soit l’écriture, la composition, les répétitions, l’entraînement, les concerts… C’est très prenant. Avec une amie, on a pris comme nouvelle résolution de s’inscrire dans un cours de Lindy Hop, et on a toujours pas pris le temps, mais ça ne saurait tarder !

Où pourra t-on te retrouver sur scène dans les mois à venir ?

Je joue à Montpellier le 25 mars en première partie de Jain. Ensuite je serai à Paris le 30 mars, à l’International et ce sera ma première date parisienne ! Je passe par la Haute Vienne en mai. Et puis j’ai quelques festivals cet été ! D’autres dates sont en train d’être programmées pour la sortie de l’EP. Elles seront affichées au fur et à mesure sur la page Facebook et le site internet.

Retrouvez Athénaïs et son actualité musicale sur son site web ainsi que sur Facebook.

Propos recueillis par Marine Boissard

Crédits photos/illustrations – dans l’ordre d’apparition – © Sandra Vérine, © Alexandre Lemaire, © Anaïs Armelle Guiraud